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Ramadan : jeûner ou non pendant l’allaitement

  • 16 févr.
  • 4 min de lecture

Le Ramadan 2026 en France commence autour du 18–19 février et se termine vers le 20 mars - Crédit photo Renaud Caillé
Le Ramadan 2026 en France commence autour du 18–19 février et se termine vers le 20 mars - Crédit photo Renaud Caillé

Le mois de Ramadan s’inscrit dans un contexte mondial marqué par une attention accrue portée à la santé maternelle, à l’autonomie des femmes et à la lutte contre les injonctions contradictoires.


Pour les mères musulmanes qui allaitent, le début du Ramadan soulève souvent une question intime et complexe : est-il possible de concilier jeûne, allaitement et préservation de la santé de la dyade mère-enfant ? Les données médicales et les textes religieux apportent aujourd’hui des éléments clairs pour accompagner une décision sereine, personnelle et informée.


Sommaire


Le Ramadan : un mois sacré et un acte de culte personnel


Neuvième mois du calendrier hégirien, le Ramadan est un temps spirituel central pour les musulmans. Le jeûne du Ramadan, appelé siyam, consiste en une privation volontaire de nourriture, de boisson et de relations sexuelles entre le lever et le coucher du soleil pendant environ 29 ou 30 jours. Il constitue l’un des cinq piliers de l’Islam et s’adresse aux adultes capables de l’observer sans danger pour leur santé.


Le jeûne est cependant un acte de culte personnel, intimement lié aux capacités physiques, mentales et au contexte de vie de chacun.



Peut-on vraiment jeûner quand on allaite ?


Plusieurs études scientifiques ont montré que le jeûne à court terme pendant l’allaitement n’entraîne pas d’effet néfaste ni pour la mère, ni pour les soins apportés à l’enfant, à condition que la mère s’alimente suffisamment et s’hydrate correctement durant la nuit.


Ces résultats doivent toutefois être interprétés avec prudence. Ils ne constituent pas une prescription universelle et ne peuvent être appliqués de manière identique à toutes les femmes, quels que soient leur environnement, leur état de santé ou leur situation familiale.


Des situations très variables selon les femmes et les pays


L’expérience du jeûne diffère considérablement selon les contextes géographiques et personnels. La durée quotidienne du jeûne peut varier fortement d’un pays à l’autre : environ 12 heures dans certaines régions proches de l’équateur, contre 18 heures ou plus dans des pays nordiques.


À cela s’ajoutent des facteurs individuels déterminants : âge du nourrisson, exclusivité de l’allaitement, charge mentale, conditions de travail, état nutritionnel préalable, santé mentale et physique de la mère. Chaque situation est unique et doit être évaluée comme telle.


Votre santé et celle de votre bébé comme priorité absolue


La préservation de votre santé comme celle de votre bébé est prioritaire dans tous les cas de figure. Même lorsque le jeûne n’est pas contre-indiqué sur le plan médical, il doit s’inscrire dans un environnement propice à la santé, avec une vigilance accrue.


Jeûner pendant l’allaitement n’est jamais une obligation lorsque cela met en danger la mère ou l’enfant.

Le jeûne doit être interrompu immédiatement si l’un des symptômes suivants apparaît :

  • Déshydratation sévère, avec urine foncée

  • Soupçon d’infection urinaire

  • Aversion sévère pour l’allaitement

  • Sensation d’étourdissement, de faiblesse, de malaise ou d’incapacité à fonctionner normalement

  • Migraines ou maux de tête persistants

  • Baisse de la lactation

  • Changement dans le comportement du bébé ou dans ses selles

  • Perte de poids anormale chez la mère

  • Stagnation ou ralentissement de la prise de poids de l’enfant


Cette liste n’est pas exhaustive. L’évaluation personnelle de la situation par la mère est suffisante pour justifier l’arrêt du jeûne.


La dispense religieuse (rushka)


Du point de vue théologique, l’ensemble des écoles de pensée islamiques s’accordent sur un point fondamental : les femmes enceintes et allaitantes bénéficient d’une dispense religieuse leur permettant de ne pas jeûner si elles estiment que cela pourrait porter préjudice à leur santé ou à celle de leur enfant.


Cette dispense, appelée rushka, légitime pleinement la décision personnelle de jeûner ou non. Elle ne nécessite ni justification, ni validation par une autorité religieuse, un professionnel de santé, un conjoint ou l’entourage familial.

Un rattrapage des jours non jeûnés est possible ultérieurement, lorsque les conditions le permettent.



Jeûner : une approche consciente et adaptée


Les discours actuels autour du Ramadan s’inscrivent davantage dans une dynamique de responsabilisation individuelle, de respect du corps et de reconnaissance de la charge maternelle. La méthode dite du « stop-start » est souvent recommandée : commencer le jeûne avec l’intention sincère de l’observer, puis le rompre immédiatement si un symptôme apparaît.


Si les symptômes sont récurrents, il est recommandé de ne plus jeûner pendant cette période.



Je vous recommande quelques lectures 😉 :

Référence


Yate, Z., & Soliman, S. A. (2022). Lactation Assessment for Muslim Breastfeeding Women who Fast during Ramadan: Understanding an Islamic Legal Dispensation. Journal of Human Lactation.

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