Si seulement il pouvait faire ses nuits !
- il y a 3 jours
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« Est-ce qu’il fait ses nuits ? »… Cette question revient comme un refrain dès les premières semaines de vie de votre bébé, et elle devient rapidement une source de pression. Pourtant, dormir d’un trait n’est ni un objectif à atteindre ni une preuve que vous êtes un « bon parent ». Dans cet article, je vous propose 8 clés fondées sur la science et l’observation bienveillante, pour comprendre le sommeil des tout-petits et accompagner votre enfant avec sérénité.
Sommaire
Dès la maternité, il ne se passe pas une visite sans entendre : « Alors, il fait ses nuits ? » Comme si cela devait être l’objectif ultime des premiers mois… Or, cette idée repose davantage sur des attentes sociales que sur la réalité biologique des bébés. Le sommeil d’un tout-petit est un processus en construction, ponctué d’éveils nécessaires à son développement et à sa sécurité. Votre rôle n’est pas de « dresser » ou « d'entraîner » comme on le dit avec plus de douceur votre bébé à dormir, mais de lui offrir un cadre rassurant et adapté.
Faire ses nuits n’est pas un badge de réussite
Beaucoup de parents vivent la phrase « il ne fait pas ses nuits » comme un échec, ou à l’inverse ressentent une fierté exagérée quand leur enfant dort plusieurs heures d’affilée. Or, ce n’est ni une compétition ni une marque de compétence parentale. Dormir toute la nuit est une étape qui arrive tôt pour certains bébés, tard pour d’autres, selon leur tempérament et leur développement neurologique.
Ce qui compte, ce n’est pas de faire « comme les autres », mais de répondre aux besoins de votre enfant et de respecter son rythme.
Voir le sommeil continu comme un trophée engendre pression et culpabilité. Il s’agit plutôt d’une étape développementale. Une approche respectueuse consiste à répondre aux besoins du bébé, pas à viser un modèle social de performance.
Le Dr Willam Sears dansThe Baby Sleep Book (2001), souligne qu’une parentalité bienveillante privilégie la connexion plutôt que la conformité aux normes culturelles.
Le sommeil des bébés est cyclique, non linéaire
Contrairement à l’idée qu’un bébé dort « de mieux en mieux » chaque semaine, la réalité est plus complexe : le sommeil évolue par cycles, avec des périodes de « révolution » et non de régression ! comme on les appelle le plus souvent (vers 4, 8 et 12 mois notamment), liées à la croissance, aux dents, ou aux progrès moteurs et cognitifs. Ces phases d’instabilité sont normales, elles signalent que le bébé se développe.
Garder à l’esprit cette dynamique en montagnes russes aide à ne pas perdre courage pendant ces périodes plus difficiles.
Durham University (Helen Ball, 2025) montre que les périodes de sommeil ne deviennent plus longues qu’après environ 3 mois et que les interruptions sont fréquentes tout au long de la première année
Les réveils nocturnes sont protecteurs
Les réveils, mêmes brefs, sont un mécanisme de sécurité naturel. Ils permettent au bébé de vérifier son environnement, de signaler un besoin (faim, inconfort) ou simplement de prévenir un stress physiologique tel que l'hypoxie.
Galland et al. (2012), via le NIH, rappellent que les éveils partiels diminuent le risque de mort subite du nourrisson

Son rythme bien à lui
Il n’existe pas d’âge « idéal » où un enfant doit dormir d’une traite. Certains bébés sont capables de longues nuits dès 4 mois, d’autres ont besoin de temps et d’accompagnement jusqu’à 2 ans ou plus. Ce rythme dépend de leur maturité cérébrale, de leur environnement et de leur histoire.
Science-based Parenting (2024) indique que plus de 50 % des bébés d’un an se réveillent encore la nuit
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La relation prime sur le sommeil
Les nuits sont souvent perçues comme un combat pour la tranquillité des parents. Mais un enfant qui se sent entendu et sécurisé développe une confiance fondamentale qui l’aide, sur le long terme, à mieux gérer ses émotions et son sommeil. Les études sur l’attachement montrent que répondre aux signaux nocturnes favorise un développement psychologique harmonieux.
La qualité de la relation est bien plus précieuse que quelques heures de sommeil supplémentaires.
Ainsworth et Bowlby (1969) ont montré que répondre aux signaux de détresse renforce l’attachement sécurisant
Même les adultes se réveillent la nuit
Chez les adultes aussi, les cycles de sommeil incluent des micro-réveils. Le “dormir la nuit” se définit donc comme la capacité à se rendormir naturellement, pas à rester sans interruption. Votre bébé apprend progressivement cette compétence, à son propre rythme.
Ces réveils nocturnes font partie intégrante d’un sommeil normal et ne signifient pas forcément un problème à corriger.
Ohayon et al. (2004) ont établi que les adultes connaissent en moyenne 4 à 6 éveils passagers par nuit
Accompagner plus que “former” au sommeil
Les méthodes dites de “sleep training” peuvent être efficaces mais elles ignorent souvent l’impact émotionnel. Elles consistent à laisser pleurer selon un planning spécifique et déterminer des horaires de siestes et de sommeil relativement rigides. Elles peuvent parfois avoir des effets bénéfiques à court terme, mais elles ne respectent ni le besoin d’attachement du bébé ni son rythme biologique. Une approche respectueuse privilégie des rituels prévisibles et une présence réconfortante pour apprendre, en douceur, à mieux dormir.
Vous pouvez soutenir votre bébé sans le forcer ni lui imposer des règles rigides inadaptées.
L'AAP et Mindell (2017) soulignent qu’un rituel de coucher cohérent améliore sommeil et bien-être, sans recourir à des techniques strictes
Des stratégies douces et respectueuses
Au lieu d’imposer, privilégiez des rituels prévisibles et adaptés :
Routines avant le coucher (bain, histoire, berceuse)
Rendre la chambre accueillante, pas une zone de séparation
Présence douce, prêt à rassurer lors des réveils
Objets transitionnels (doudou, veilleuse)
Partage des soins la nuit, si possible, pour éviter l’épuisement du parent principal
Appui professionnel ou familial si vous en ressentez le besoin
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Références
Sears, W., & Sears, M. (2001). The Baby Sleep Book.
Ainsworth, M., & Bowlby, J. (1969). Attachment and Loss.
Galland, B. C., et al. (2012). Sleep and preterm infants.
Ohayon, M. M., et al. (2004). Adult sleep micro‑awakenings.
Pennestri, M.-H., et al. (2018). Uninterrupted Infant Sleep.
Mindell, J. A., et al. (2017). Bedtime routines and sleep.
Helen Ball (Durham University, 2025). Research on infant sleep.
Science‑based Parenting (2024). Night waking prevalence at 1 year.
McKenna, J. J. (dernier mois). Breastfeeding and night proximity benefits.
NIH / Psychology Today (Kirshenbaum, 2024). Night waking developmental norms.
AAP – Policy on infant sleep safety.


















